Des experts se querellent sur les vrais risques liés à l’amiante

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Sous-estimons-nous les vrais dangers de l’amiante ? C’est ce que pensent un expert de l’ULB et l’ABVA, l’association belge des victimes de l’amiante. Pour le labo A-Ulab,« il n’existe pas de méthodes normalisées d’évaluation du risque imposé par le cadre légal. En 1999, des critères ont été établis pour réaliser un inventaire « amiante » le plus objectif possible. Deux notions ont été prises en compte : la dégradation des éléments contenant de l’amiante et la dangerosité qui en découle, et l’impact sur l’environnement. Ces critères ont plus tard été modifiés, et cette nouvelle version ne prenait plus en compte certains paramètres tels que, par exemple, la présence d’enfants dans un bâtiment. Donc, selon que l’on prend en compte ou non certaines données contextuelles, les résultats peuvent être différents ».

Le labo estime par ailleurs que le taux maximal de particules dans l’air (100.000 fibres au m3), qui répond à une directive européenne, a été fixé pour un adulte et dans le cadre d’une exposition professionnelle et ne tient pas compte de présence d’enfant ou de personne dont la santé est affectée. Il plaide donc pour un abaissement de ce taux.

Un avis pas forcément partagé

Un avis que ne partage pas AIB Vinçotte, qui réalise nombre de ces expertises amiante en Belgique. « Quand on dresse une expertise amiante, tous les critères doivent être repris dans un inventaire. Il faut aussi reprendre les conditions réelles, estime Michel Vandegarde porte-parole d’AIB Vinçotte. Mais au final, ce qui compte, c’est le résultat du prélèvement. Si le taux est proche de la limite ou qu’il y a un doute quant à la présence de fibres pouvant être à l’origine de l’asbestose (NDLR : il s’agit de la maladie provoquée par l’inhalation de l’amiante), il est impératif de recourir à une analyse au microscope électronique, laquelle est fiable à 100 % ou presque ».

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